L’effort joyeusement consenti est un concept rencontré dans mes lectures sur le bouddhisme et qui m’a profondément interpellé, mais surtout aidé. Ayant un driver plaisir développé et un driver effort assez peu mobilisant, j’ai trouvé dans cette intrication des trois mots : effort, joyeusement et consenti une ressource et un accès à la notion d’effort qui s’est révélée fort utile pour moi, et que je souhaite partager.
L’idée d’effort évoque souvent des images négatives de labeur, d’obligation, et parfois même de souffrance. Or, en l’abordant sous l’angle de la joie et de l’énergie qu’elle sous-tend, l’effort peut se révéler être une source de satisfaction personnelle qui s’apparente à un acte de libération.
Dans le bouddhisme, l’effort est essentiel dans la voie vers l’éveil. Il ne s’agit pas de forcer, mais plutôt de cultiver un engagement sincère et conscient dans les actions que nous choisissons d’entreprendre ; c’est là qu’intervient la notion de consenti. Cette démarche commence par la compréhension que chaque effort que nous faisons, qu’il soit petit ou grand, est un pas vers l’accomplissement de nos désirs profonds et la réalisation de soi. Mettre en place un régime ou pratiquer un sport peut ressembler à un labeur au départ mais, avec le temps, cette discipline devient une source de satisfaction envers soi-même et, au final, de paix intérieure et de joie.
L’effort joyeusement consenti nous pousse à envisager les défis non pas comme des obstacles, mais comme des occasions d’apprentissage et de croissance. Chaque moment d’effort est une opportunité de renforcer notre estime de soi. En surmontant les difficultés, nous développons des compétences, nous apprenons à mieux nous connaître et à apprécier, mesurer et affermir notre propre force intérieure. Ainsi, lorsque nous prenons le temps de réfléchir sur nos succès, même modestes, nous nous rendons compte que chaque petit pas est un témoignage de notre capacité à agir de manière positive.
Adopter cette approche joyeuse de l’effort nécessite une modification de notre mentalité face au travail, aux responsabilités et à tout ce qui n’est pas facile, évident ou immédiat. En prenant du recul et en acceptant que l’effort fait partie intégrante de la vie, nous apprenons à embrasser les défis plutôt que de les redouter. Comme le dit le moine bouddhiste Thich Nhat Hanh, “l’effort ne doit pas être perçu comme une lutte mais comme une manière de donner un sens à notre parcours”. La gratitude, la patience et la persévérance deviennent ainsi des compagnons de route, transformant chaque effort en une expérience joyeuse.
Cela ne veut pas dire que l’effort ne soit pas difficile. Il l’est, par nature ! L’effort est synonyme d’exigeant et parfois d’éprouvant. Cependant, lorsque cet effort est empreint de joie, il est énergie puissante et créatrice, comme une danse harmonieuse entre le corps et l’esprit.
C’est l’effort en tant qu’expérience vécue qui permet de toucher du doigt la beauté et la possibilité qui se cachent derrière chaque acte, même (et peut-être surtout) les plus laborieux : nous gardons un souvenir ému, intense et positif des expériences qui ont exigé de l’effort de notre part. Une bonne illustration serait l’ascension du Mont-Blanc : la satisfaction imaginée de la vue depuis le sommet nous amène à consentir joyeusement l’effort de l’ascension et de nous lancer. Mais, arrivé au sommet, c’est bien l’effort éprouvé dans l’ascension qui crée la satisfaction, bien plus que la vue qu’une une simple dépose en hélicoptère aurait permise.
Loin d’être seulement une contrainte, l’effort devient alors un acte d’amour-propre et de courage, nous menant vers des réalisations qui enrichissent notre existence et renforcent notre estime et notre confiance en nous.
Alors, retrouvons le goût de l’effort et la joie d’y consentir pour remettre du piment dans nos vies que cette célébration de l’effort devienne une belle expression de notre humanité.
William Cargill