« Tu pourrais faire un effort … »

Combien de fois avons-nous entendu ce mot dans notre enfance : « Tu pourrais faire un effort… » ; « Encore un petit effort, et on y est… » ; Et sur nos bulletins scolaires : « Il faut redoubler d’efforts« . « Poursuivez vos efforts » à tel point que ce mot s’est souvent vidé de son sens. Certains l’ont tant entendu et intégré qu’il devient un automatisme. L’écueil se situe précisément là, quand ce « message » est dépossédé du contexte et qu’il agit à notre insu. Alors le cerveau simplifie et retient  » La vie est effort »…Et le corollaire de cette affirmation : « on n’obtient jamais rien sans effort ; on ne peut être heureux sans effort » avec le risque d’adopter de façon plus ou moins consciente, un fonctionnement sévère et rude, qui n’a pas de réel fondement. Et qui se révèle dommageable autant pour la personne sous l’emprise du message que pour ceux qui la côtoie.  

Tout change quand cet effort est humanisé par une intention, une direction, une volonté et une liberté. Il s’agit alors d’avoir une perspective, un objectif qui requiert des efforts, et auxquels j’adhère librement. L’effort se place au service d’un objectif, d’une volonté. Il n’est plus premier. Il n’est plus « un pilote automatique » et perd son caractère tyrannique. Il est conditionné à des choix, pris consciemment, et les efforts alors requis sont pesés, estimés et acceptés. 

L’effort doit être assujetti à un objectif librement choisi ; Au minimum celui d’entraîner sa capacité à …faire des efforts. Je décide de fournir des efforts sans but autre que de muscler ma capacité à me dépasser.  Comme le randonneur en montagne se fixe des petits défis dans le seul but de secouer son organisme et sa volonté, afin d’être capable d’en relever de plus grands le moment venu. Comme le marathonien fait quotidiennement et librement des courses parfois aléatoires et sans intérêt pour être en mesure je jour J de fournir les efforts nécessaires pour remplir son objectif. 

Car oui l’effort nous permet de nous dépasser. Il fait partie de la vie et fait grandir. Et cultiver le goût de l’effort peut s’entendre comme un programme de vie ; chercher à le transmettre autour de soi comme une noble mission

Que serait une vie sans effort ? Nous sentons bien au fond de nous qu’une vie sans volonté de se dépasser, de grandir, d’aller plus loin, ne rend pas heureux.  Une existence morne comme une plaine sans relief…ou bien une vie de versants à gravir, voire de sommets à atteindre, alternant avec des plateaux pour reprendre souffle et apprécier le chemin ? Il reste que sans consentement libre, sans adhésion consciente aux efforts qu’exige le chemin, se profile un parcours d’automate.

Alors posons des choix conscients, acquiesçons aux efforts qu’ils impliquent, et lançons-nous alors joyeusement et librement vers les sommets de notre existence !

Bénédicte Boillot

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